lundi 9 février 2009

Corsélien - L'état des plaies - Fleuve Noir Gore 48, 1987

Corsélien ? Corps et liens ? C’est le pseudonyme d’un auteur plus connu sous l’autre patronyme de Kaa (référence au personnage du Livre de la Jungle). Un écrivain au style ciselé, acéré, dont les phrases ne peuvent être consommée que d’une manière : avec avidité et gourmandise… et cette dernière est d’autant plus malsaine qu'il s’agit d’une roman gore où le corps humain subit bien des outrages. Corsélien nous transforme en lecteurs-cannibales, avides de ses phrases morcelées, torturées mais jamais précieuses. Pourtant il ne joue pas sur l’accumulation pure de scènes d’horreurs, mais nous fait entrer dans le quotidien d’un personnage qui va côtoyer le mal au point de finir par s’y complaire plutôt que de l’affronter. Tripes aux vents, certes... mais surtout un cerveau en miettes. Cette version contemporaine de la bête du Gévaudan sent le souffre et la transgression permanente. Transgression morale (toute relative puisque la littérature de genre n’a pas attendu Corsélien pour s’y complaire) mais surtout transgression mentale, nécessaire pour raconter avec cette précision, cette acuité, la chute dans la folie d’un personnage en 150 pages chrono. Il faut un talent hors norme. Et Corsélien a tout d’un auteur hors norme. Une grande claque… J’ai encore la marque, là, sur la joue. Une plaie encore ouverte dans un drôle d'état…
Ma note : pas de note... j'attends que cela ne saigne plus... Juste indispensable...

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