jeudi 11 décembre 2008

Brussolo, Serge - Enfer vertical en approche rapide - Fleuve Noir Anticipation 1446, 1986

Quatrième de couverture : C'était une prison sans barreaux, sans geôliers. On n'y rencontrait qu'un seul interlocuteur : un distributeur de sandwiches blindé comme un coffre-fort et plus intelligent qu'un ordinateur. Un distributeur de sandwiches qui n'acceptait de vous donner à manger qu'en échange d'un petit sacrifice : recevoir une décharge électrique à travers le corps, par exemple. C'était une curieuse machine, à la fois dieu et diable, conçue pour vous rendre la vie impossible et la mort insupportable. Une saleté de distributeur, qui finissait par régner en tyran sur ce bagne des plus moderne, et vous forçait à pratiquer l'autopunition à outrance. Certains décidèrent de lui faire la guerre... Ils ne tardèrent pas à s'en repentir !

Mon avis : Il faut qu’on le sache, 12 ans avant le film culte « The cube », du réalisateur Vincenzo Natali (1997), Serge Brussolo avait déjà tout écrit. Le huis clos qui se déroule dans un univers carcéral high-tech envisagé comme instrument de torture, jusqu’à preuve du contraire, il est le premier à y avoir pensé. Ce roman est l’œuvre d’un sadique, d’un écrivain mi-génie mi-fou qui aime se jouer de ses personnages comme de ses lecteurs. Une plongée en enfer ? Non, une ascension vers l’enfer, ce qui est encore plus troublant.

Il faut préciser une chose, j’ai lu « Enfer vertical », la réédition augmentée parue chez Vauvenarges et non « Enfer vertical en approche rapide », le roman originellement paru dans la collection anticipation. La seule chose qui différencie fondamentalement ces deux livres est le remaniement de certaines tournures de phrases et l’ajout d’un prologue et d’un épilogue. Mais il faut savoir que ces deux-là modifient considérablement l’œuvre. Dans la version de 1985, le sadique Brussolo nous laissait dans l’inconnu. Dans celle de 2004, il nous en dit plus sur le sort du héros mais ajoute un mystère de plus. Les deux versions sont intéressantes mais résolument différentes ! Le première est la plus démoniaque, la seconde un peu plus subtile. Entre les deux, mon cœur balance. Préférez néanmoins la lecture de la version de 2004, dans la mesure ou elle « contient » l’autre.

Dernière remarque : le thème de l’enfermement est un thème majeur dans l’œuvre de Brussolo et il prendra encore cette forme high-tech dans les derniers chapitres du délirant « Sécurité absolue », dont la lecture est elle aussi chaudement recommandée.


Ma note : 9/10

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