
Un bon petit Arnaud de derrière les fagots. Il suffit de quelques pages pour percevoir l’habilité de ce grand conteur populaire. Très vite on se sent le spectateur privilégié des actes d’un personnage double, pour ne pas dire triple. Entre ce que Loraine est réellement, ce qu’elle raconte à son mari, et cette identité qu’elle s’est fabriquée, il y a un jeu subtil par lequel nous devinons très vite (peu de suspense là-dessus) ce qu’elle projette de faire : enlever l’enfant de son « amie » une fois qu’il sera né. Evidement, ce « programme » bien établi, notre héroïne ne saura pas l’exécuter à la lettre, car Arnaud va lui mettre quelques bâtons dans les roues. N’hésitant pas à accélérer les choses et à faire bifurquer l’intrigue violemment, l’auteur amène les bons rebondissements aux bons moments. Même la dernière page nous réserve une surprise de taille.
Seul petit défaut de ce roman : c’est tout de même un peu bavard et dans cette abondance, certain dialogues paraissent un petit peu artificiel. C’est dommage, sans cette petite facilité, on aurait pu ranger ce « Je ne vivrai jamais seule » à côté des meilleurs romans noirs de Simenon.
Note : 7/10
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